dimanche 12 mai 2013

Si le marché fait un triple top (2000-2007-2013)...

...celui-ci est drastiquement différent des 2 autres! Alors que le % des adultes investit dans le marché dépassait le 60% dans les précédents sommets, le SP500 à 1600 est farouchement boudé par les investisseurs.

Le marché a réussit à monter en cultivant le pessimisme à un niveau élevé, une caractéristique forte d'un bull market long terme. Le Dow pourrait se rendre entre 80 000 et 100 000 d'ici 20 ans. Ça peut sembler surprenant mais ça l'était aussi en 1983, lorsque l'économie était à terre, l'inflation élevé, le chômage chez les jeunes, hallucinant et que le Dow se transigeait au-alentour de 1100 alors que la target du bull market était de 10 000! Aujourd'hui nous avons des taux à 0%, donc une banque centrale que ne peut qu'imprimer si elle veut booster ses ralentissements économiques.

Entre 1980 et 1997, la peur a toujours été l'inflation et la Fed a presque toujours conservé ses taux au-dessus de l'inflation. C'était cette crainte qui a fuellé le marché. La peur de l'inflation.

Aujourd'hui, la peur est celle que la Fed arrête d'imprimer. On lit souvent que si la Fed arrête d'imprimer, une épouvantable déflation apparaîtra et le marché s'effondrera. Et comme tôt ou tard, la Fed arrêtera d'imprimer, tôt ou tard le marché s'effondrera! Je ne vois donc pas (et je suis sûr que Bernanke non plus) pourquoi la Fed arrêterait d'imprimer si une possibilité de déflation apparaîtrait. Elle imprimera tant et aussi longtemps que toute menace de déflation sera présente. Mais cette peur envers une déflation fuellera le marché jusqu'à 100 000. Et c'est comme ça que les corrections parfois sévères engendreront un bearish sentiment très élevé qui stoppera vite les baisses.

Le marché US fera des 1-2 en série dans la première partie de la décennie et pourrait même nous réserver un crash en 2017 ou avant! Mais comme le crash de 1987 n'a pas cassé la tendance long terme, la tendance devrait se conserver.

Bonne semaine!

Les paradis fiscaux.

Il se dit tellement de grosses choses sur les paradis fiscaux que je dois rectifier le tir dans le contexte économique post-apocalyptique de 2008.

Comme je l'ai longtemps expliqué, en long et en large (et j'ai toujours apprécié les points de vue contraires car ils confirment mes hypothèses), le gouvernement a acheté les produits toxiques des banques en 2008/2009 - et continue à le faire dans bien des pays - et comme ces produits sont plus gros que lui, il cherche à passer la facture aux contribuables. Et comme les problèmes sont plus gros que la capacité de payer des contribuables, c'est une voie sans issue.

Nous sommes là, dans le processus de passation des problèmes vers le contribuable. Et comme la classe moyenne est déjà étrangler, le viseur se tourne vers les riches. Et comme les riches sont aussi - en tout cas, très souvent - intelligents, ben leur argent ils la sortent du pays et vont la stationner là où l'impôt est nul. Les gouvernements n'aiment pas ça. Ils ne veulent pas réduire leur dépense et l'ampleur de leur présence dans l'économie, donc ils préfèrent attaquer la liberté que nous avons à sortir l,argent du pays.

Nous avons toujours eu la liberté de sortir de notre pays. Nous avons même la liberté de déménager ailleurs. À part les pays communistes, les frontières ont toujours été ouvertes. Et quand on sort du pays, on a toujours eu le droit d'amener notre argent. Récemment on a mis des contrôle sur la quantité (10 000$ et +). C'est une dangereuse entrave à la liberté. Peu importe si vous désirez sortir ou non 10 000$ du pays, le fait qu'on peut empêcher une personne de le faire est une entrave à la liberté de TOUS.  et une fois sorti du pays, nous avons toujours eu la liberté d'acheter des entreprises - publiques ou non - dans ces pays (si les lois du pays le permettent évidemment parce que c'est pas tout le monde qui est libre sur la planète). Bref, nous étions libres et c'était tout à fait normal de l'être (Milton Friedman dit plutôt que la liberté que nous connaissons est un phénomène récent dans l'histoire et que nous devons tout faire pour la conserver car les gouvernements pourraient reprendre le pouvoir de nous l'enlever si nous ne faisons pas attention.).

Mais après 2008, les gouvernements ont commencé à être oppressifs: monter les % d'imposition abusivement, subventionner des industries plutôt que d'autres, prendre des participation dans des cies aux désavantages d'autres, etc. Ainsi, les pays relativement épargnés par la crise qui avaient des % d'imposition très bas parce que les gouvernements étaient très peu présent dans l'économie par choix idéologique ou par respect pour la liberté des individus se sont retrouvé avec des tonnes de cash, fuyant les gouvernements voraces et décadents, magouillant avec les taux d'imposition comme si l'argent des citoyens leur appartenait. Ces paradis fiscaux, la plupart, pro-liberté, mérite tout notre respect, ne serait-ce que parce qu'ils ont eu l'intelligence de voir que l'"autre système" ne marchait pas, qu'il allait à la faillite à une vitesse légèrement plus lente que le communisme et que la liberté était un avantage et non pas une contrainte.

L'expression "paradis fiscal" est un terme relatif: un pays moins imposé est un paradis fiscal par rapport à un autre, plus imposé mais peut être un "enfer fiscal" par rapport à un troisième, encore moins imposé. Au Québec, le reste de l'Amérique est un paradis fiscal. Ça devrait nous sonner une cloche comme quoi nous vivons dans un enfer fiscal.

Lorsque nous achetons un titre et qu'il descend, nous concluons que nous avons fait une mauvaise transaction et cherchons à sortir de la trade avec le moins de dégât possible. On n'oblige pas le marché à prendre notre point de vue. Mais lorsque le gouvernement prend une mauvaise décision et amène la société dans un gouffre économique et financier, il accuse les personnes qui fuient le bateau, de traître.

Nous avons le devoir de protester pour toute entrave à la liberté, qu'elle nous concerne ou non. Les questions monétaires ne sont pas un prétexte à la perte de liberté. La liberté ne s'échange pas contre de l'argent. Elle est une fin en soi.

Bon trading!

dimanche 5 mai 2013

State of the market: Où va atterrir tout cet argent imprimé?

La question se pose, oui. On n'imprime pas 10 trillions sans qu'il se gare quelque part. Et non, il n'a pas été se réfugier tout dans l'or. C'est sûr et évident que le marché américain en a ramassé beaucoup. Mais qu'est-ce que 2 ou 3 trillions lorsque la capitalisation totale en vaut 14? Entre 15 et 20%. Les petits marchés se situant en banlieue des problèmes de crédit ont ramassé des montants relativement important mais, mis en contexte de leurs minuscules capitalisations boursières, ils ont explosé!
Les Philippines sont un, sinon le plus grand des grands favorisés dans ces séances de QE des pays troublés de l'OCDE. Après avoir fait 4 fois la mise depuis son bas de 2009, ce minuscule pays (richement peuplé) ne ralentit nullement la cadence et prend un leadership incontesté sur la planète.
Pour les techniciens comme moi, ce fut un magasin de bonbon dans la dernière année. Ce genre de bombe nécessite une approche semblable à ce qui marchait en 1999-2000, ici. Il n'y a que 2 manières de faire du profit: l'approche momentum et... non finalement il n'y en a qu'une. Bref, l'argent entre dans ce marché, massivement et les titres lèvent, massivement. Je vous donne quelques exemples:

Philippine Seven Corp. : J'ai courut après ce titre l'an passé quand je ne comprenais pas tout à fait ce qui se passait là-bas. Lorsqu'il est passé de 21$ à 35$ en quelques séances sans aucune nouvelles, l'idée m'est alors venue que c'était pas un marché normal. Pour faire une histoire courte, le titre est passé de 13 à 130 en un peu moins de 2 ans. Non seulement un 10-baggers mais il a pas niaisé dans le processus. Le hic de l'histoire est qu'il n'a pas vraiment eu de nouvelle pendant tout ce temps. Expansion, un peu comme notre Couche-tard...

Autre très beau stock a été SM Investment, la plus grosse capitalisation des Phillipines. Quatre milliards. Un mid cap américain, quoi. Un rendement plus modeste, voire un lagger par rapport à l'indice mais récemment, ce titre a commencé à "leader", annonçant une certaine maturité du bull market, ie les big caps surperforment les mids. Avec son 75% dans les derniers 12 mois, il se distance des gagnants de l'an passée.
Avec le rendement des 5 dernières années, les Philippines commencent à paraitre sur les écrans des gestionnaires de fonds mutuels. Et ce shift vers les big cap philippiennes est peut-être le premier symptôme de l'argent étrangers qui cherche d'abord la sécurité.
La suite dans les prochains jours avec la Thaïlande.

Bonne semaine! 

vendredi 3 mai 2013

State of the market: le petit guide de survie pour un bull market

Eh oui, ça en prend un parce qu'un bull market, pendant les 9 premiers déciles, c'est pas évident. Mais pourquoi kit de survie?? On est en danger?

Je vous dirais que depuis 2008, tout le monde est en danger, à tour de rôle et notre tour revient pas mal souvent. Dans les premiers mois suivant la crise, le monde de la finance était prit en pitié, particulièrement par ceux ayant des jobs dans le gouvernement. Aujourd'hui, l'oeil de la tornade est rendu là avec coupures dans les dépenses publiques et autres séquestrations, et se déplace vers le contribuable. La finance, elle, est vue comme le bourreau. Consolez-vous, ça va changer un moment donné.

Toujours est-il que l'or était l'outil pour se protéger de tous ces coups/turbulances/décapitations parce qu'on savait que les banques centrales allaient éponger. Pour ré-inflationner le système, ils imprimeront et achèteront de l'or ou de quoi de franchement poche (comme des bonds) ce qui fera monter l'or de toute façon.

Mais là, les banques centrales nous envoient une prise. Vingt-trois pour-cent d'entre elles achètent des stocks! Par exemple, la banque centrale du Japon achètent des ETFs! Tout ça parce que les bonds ne paient pas assez (et, et c'est ici que vous l'apprenez, aussi parce que les bonds des pays de l'OCDE, c'est comme backer le comportement débile des gouvernements socialistes). Bref, pour une raison "space", ils considèrent Procter and Gamble mieux géré que, par exemple, le Québec. J'ai mis un exemple gros. C'est pour le concept. La Fed ne peut faire ça par sa constitution et je vais pas assumer que ça va changer. Mais si ça se fait ailleurs, il y aura un arbitrage qui se fera pour évaluer les titres sur la planète comme une banque centrale l'évaluerait, ie, en comparant avec une obligation 10 ans. Et c'est là que le breakout dans des all-time highs prends tout son sens.

Nous voilà donc en bull market, fuellé en partie - une partie ayant toutefois des poches théoriquement infiniment profondes - par des banques centrales. Ce sera donc moins de pression à la hausse sur l'or, plus de pression à la hausse sur les stocks et moins de pression à la hausse sur les bonds (non-US).

Ça devient carrément intéressant.

http://www.bloomberg.com/news/2013-04-24/central-banks-load-up-on-equities-as-low-rates-kill-bond-yields.html