dimanche 30 octobre 2011

State of the market: le sirop pour le rhume.

Tôt ou tard, quelqu'un qui aime franchement le sirop pour la toux n'est jamais parfaitement heureux, surtout s'il n'est pas assez grand pour atteindre l'armoire de la pharmacie. Il aura appris à la dure que les feintes de toux (au lieu des véritables quintes), les imitations de comportement fiévreux et simulacres d'éternuement ne font que l'amener bien à l'heure derrière son pupitre au lieu de se délecter de ce nectar de simili-cerise très sérieusement sucré qu'est le sirop pour la toux - mettons que ça existe un jeune de même, ok? Bon. Donc, ce hypothétique jeune devra donc subir les véritables affres de la fièvre et tousser comme un forcené pour qu'enfin, un 5 ml bien tassé du sus-décrit liquide lui soit offert, avec un verre d'eau. Pas exactement un moment agréable pour déguster sa dose très mérité. Si j'étais vulgaire, je dirais même qu'il se fait chier solide. Mais comme je ne suis pas vulgaire, je m'en irais pas là-dedans. C'est simplement que le meilleur moment pour en avoir est aussi le pire.

Les indicateurs très fiables qui signalent efficacement les hausses importantes de l'or - ceux qui, mettons, donnent des lectures très élevé avant les hausses les plus importantes sur un scope de 6 mois - signalent aussi, par le fait même, que les forces d'injections de liquidité sont sur le point de se déchainer. Par exemple, si M. Bernanke se dit un jour "Wow, je crois que je ne pourrais pas tenir un jour de plus! Je dois imprimer!", eh bien, la veille, les indicateurs les plus efficaces sur l'or devraient avoir donné leur lecture les plus importantes. Théoriquement en tout cas.

Dans les dernières années, lorsque le crédit avait de l'espace pour respirer - lire les taux étaient pas à 0% - les banques centrales et tout le monde du crédit étaient très efficaces et les réponses aux besoins monétaires se faisaient presque en temps réel. Les interventions étaient conventionnelles et les politiciens s'occupaient de politiques. C'était le bon temps. Aujourd'hui, thanks to Fannie & Freddie, nous ne vivons plus dans un continuum financier où l'environnement est fluide mais bel et bien dans un monde très quantique, non-continu où la faillite cohabite avec la remise de dette et les stimuli quantitatifs. Nous vivons dans un monde où la politique donnera le ton et le rythme et les prochains chapitres de l'after shock de 2008 se déroulerons dans les capitales des pays de l'OCDE et non plus dans les capitales financières. Exit New York, welcome Washington. Aucune idée pourquoi les gars vont faire du camping à New York. C'est à Washington que ce joue l'avenir à court terme de l'économie.

On sait très bien vers quoi les politiciens vont être poussé à faire. Mais c'est plus compliqué d'évaluer facilement combien de temps ça va leur prendre pour le comprendre. Nous vivons dans une atroce déflation causée par un extrêmement grosse bulle de crédit qui a éclaté en 2008 et qui menace de faire disparaitre la presque totalité de m3 (bearish pour l'or). Les banques centrales ont compris qu'il fallait réinflationner le système d,autant de $ que cette déflation (bullish pour l'or). Mais comme la game se joue actuellement dans le monde politique, c'est moins smooth... Dix-sept politiciens suivant chacun 3 agendas, c'est plus laborieux comme processus. Et comme c'était CLAIR qu'il fallait réinflationner le système en août dernier - la déflation commençait à être monstrueusement évidente en Europe - l'hésitation et tout le niaisage politique ont fait que cette déflation a eu en masse le temps de faire des dégâts dans l'or.

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Je prend quelques secondes pour souligner le fait que mon opinion sur le bien-fondé d'imprimer ou non est loin d'être solidement ancré. Vous aurez compris que c'est pas parce que j'ai de l'or, que je crois que c'est bien d'imprimer. Je ne fais que miser sur le fait que tôt ou tard, ils devront administrer ce remède qu'est l'imprimante à billet. Mais je pense qu'il est mieux d'imprimer que de ne pas imprimer. Je dis : je pense. On en reparlera.

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Toujours est-il qu'on a décidé de réinflationner le système en Europe et donc, les marchés devraient bien faire. L'or aussi évidemment. Elle est le premier récipiendaire de ces nouveaux dollars et donc, le fabuleux marché haussier de cet été n'a été retardé que de quelques semaines.

Les marchés américains, canadiens, japonnais et chinois devraient très bien faire. La chose à surveiller pour dérailler le plan c'est une trop grosse hausse des commodities. Idéalement, il faudraient qu'elles trainent de la patte... C'est un marché de stock picking partout sauf pour ce qui est des titres d'or selon moi. Le HUI sera très difficile à battre.

Si j'étais un bon écrivain, je finirais avec une petite phrase pour faire un lien avec le petit bonhomme enrhumé du début de mon post. Mais je ne suis rien de tout ça. Je finirais simplement en vous disant que le move de la banque du Japon de ce soir, est un move pour créer de l'inflation dans environnement qui s'en venait déflationiste. Un move smooth, prévisible... le bon vieux temps en japonnais. De ce côté-ci, faudra s'habituer avec la disfonction politique.

Bonne semaine!


8 commentaires:

Anonyme a dit…

merci beaucoup pour cette mise à jour très attendue. j'aimerais comprendre c'est quoi un M3
merci encore une fois

François Côté a dit…

m3 = m2 + money market institutionnel + depot des amerloques dans des banques étrangères.

François Côté a dit…

m2 = m1 + Money market retail

François Côté a dit…

m1 = m0 + argent dans les banques (CPG, prêt court terme, argent dans les comptes)

François Côté a dit…

m0 = argent de la Fed

François Côté a dit…

... et le move de la Grèce de tenir un référendum est déflationniste. Advenant un NON, on va vivre une patch déflationniste jusqu'à ce que l'Europe réinflationne le système encore plus.

Anonyme a dit…

Salut F101,

as-tu un update pour nous ?

Merci,

Anonyme a dit…

Noël est dans moins de trente jours !!!